Edition sponsorisée
par l'IAB

Vendredi 04 juillet 2008
Actualités
Idées & Opinions
International
L'évenement
Pourquoi pas ?
Secteurs
Agroalimentaire
Automobile
Aéronautique
Biens de consommation
Distribution
Communication & Média
Equipement
Energie & Environnement
Finance
High-Tech / Bio-Tech
Immobilier
Industries de base
Internet & E-business
Santé & Pharma
Services
Télécommunication
Tourisme et Loisirs
Transports
Ma vie
Portraits

 

 

Imprimer
Laisser un commentaire
Voir les commentaires

Dominique Desseigne, l’amour en héritage

Séductrices en recherche d’alliances glamour ou de passions futiles, fuyez ! Il n’est pas l’astre scintillant des soirées jet-set, ni le traqueur d’héritières que vous attendez. Prisonnier de ses souffrances, l’actionnaire majoritaire du groupe Lucien Barrière révèle une profondeur inattendue, dans l’enfermement d’un excès qui l’est tout autant : le sérieux.

Chaque semaine, Le nouvel Economiste décortique une personnalité à « L’Hôtel », rue des Beaux-Arts, Paris VIe. Portrait d’un notaire réservé projeté dans les paillettes du luxe et des roulettes.
Par Gaël Tchakaloff

Il était une fois un séduisant notaire parisien tombé sous le charme d’une riche et, pas moins superbe, héritière. Ils se marièrent et eurent deux enfants. Quinze ans de bonheur. Fin du premier chapitre. Troquez le conte de fées doré contre le drame d’une douleur rouge sang.

L’héritière a hérité. Puis son avion est tombé, la condamnant à vivre cinq ans de souffrances dans un fauteuil roulant. Alors, le notaire a abandonné sa vie scintillante pour une série de réveillons à l’hôpital et de dîners à la petite cuiller. Ensuite, celle qu’il aimait est partie, lui laissant les rênes d’un groupe familial, construit sur trois générations. Contre toute attente, l’homme s’est révélé. Dans son dévouement, d’abord. Dans son courage, ensuite. Dans sa farouche détermination à réussir, enfin.

En 1990, date du décès de Lucien Barrière, le groupe employait 3 000 collaborateurs pour un chiffre d’affaires d’un milliard de francs. Désormais, ce chiffre approche 1,2 milliard d’euros, avec près de 8 000 salariés, 39 casinos en France et en Europe, 16 hôtels de luxe et 90 restaurants. En dépit du développement opéré, la famille Desseigne-Barrière (Dominique et ses deux enfants) a conservé 51 % du capital, qu’elle partage désormais avec Accor (34 %) et Colony Capital (15 %).

Au mois de septembre prochain, le groupe ouvrira les portes du premier palace parisien détenu par une famille française : le Fouquet’s Barrière. Mais l’homme demeure controversé. Car ses succès professionnels ont parfois été émaillés par sa réputation amoureuse. Davantage que par la stricte réalité de ses passions. Amour, gloire, beauté, luxe, drame… Son histoire est un roman. Contrairement aux idées reçues, sa vie affective n’en trahit pas la noblesse. Au contraire. Elle l’humanise.

Le feu sous la glace

Il aurait voulu être Jimmy Connors. Sportif aguerri, adepte de la maîtrise du corps et de l’esprit, il fera ses championnats sur un autre court que celui du tennis. Champion, il n’en a pas vraiment le profil. Dans son tempérament, d’abord. Rien ne dépasse. A première vue, seulement. Lisse, tiré à quatre épingles, posé, calme, réfléchi. « Une mémoire d’éléphant dans un corps de girafe », s’amuse son ami, Philippe Bouvard. Car ce fils de médecin a choisi la voie de la prudence.

Lycée Voltaire, études de droit, école notariale, parce que ce métier lui paraissait moins soumis aux aléas de la vie que les autres. Heureux, dans sa charge du boulevard Saint-Germain, durant près de vingt ans. Fier de ses valeurs. Transmission familiale gaulliste, sens du travail et de la droiture. Loin des strass des casinos et de l’argent ostentatoire de l’hôtellerie de luxe. Rien n’est jamais perdu. Son expérience juridique l’aidera dans sa seconde vie. Notaire, en 1980. Président du conseil de surveillance du groupe Lucien Barrière, en 1997. « Je n’avais pas prévu de changer de vie », rappelle-t-il, modestement. Pourtant, en arrivant, il en connaît déjà un rayon.

Le métier de casinotier repose sur les concessions et les négociations avec les municipalités. Par son histoire professionnelle et son dialogue avec son beau-père, Lucien Barrière, il est, très tôt, familiarisé avec cet univers, bien qu’éloigné du modèle familial. Les Barrière sont des hommes de jeu. Longtemps, ils se sont attablés pour jouer, même contre leurs clients.

A leur lumière, la vie de Dominique paraît presque monacale. « Je suis tout sauf jet-setteur. Cette image m’horripile, mais je dois m’y faire. Je ne bois jamais, je n’ai jamais fumé, les boîtes de nuit m’ennuient, je me couche tôt. » Et ce n’est pas fini. A soixante et un an, il en paraît dix de moins. Régime alimentaire et sport obligent. Quelques photos dans les soirées, pour servir l’image du groupe. Voilà tout. Affectivement, ce n’est pas la même histoire.

Foule sentimentale

« Je suis un grand tendre. J’aime les grandes histoires d’amour. » Tout est dit. Les femmes sont les symboles et les cicatrices de sa soif d’idéal. Sa vie affective ressemble à un champ de mines, parsemé de blessures pour l’éternité. Entre toutes, une seule femme, Diane, la mère de ses enfants. Son amour, qu’il a voulu unique. Parce qu’aucune autre ne peut désormais concurrencer l’icône : « Celle que j’ai le plus aimée est la femme qui se trouvait dans le fauteuil roulant. C’était la plus belle, parce que l’âme avait pris une autre dimension. » Rencontrée en 1980, par l’intermédiaire d’un ami avocat, elle lui transmettra le groupe, si bien qu’en deux générations, le sang du fondateur ne coule plus dans les veines de l’actuel dirigeant.

Héritant de son oncle, François-André, Lucien Barrière a transmis à sa belle-fille et fille adoptive, Diane (issue du premier mariage de sa femme), qui a elle-même transmis à Dominique. Dallas ou Dynastie. Au choix. A ses côtés, il a tout partagé. Les bonheurs et les drames. Les vacances avec sa belle-famille, dont il s’est rapproché à tel point qu’il l’appelle aujourd’hui « la famille ». Les difficultés du couple et la souffrance, trop longtemps. Cinq réveillons successifs en réanimation lourde, auprès de celle qui avait décidé de vivre. Les annonces répétées de sa disparition aux enfants, parce qu’il pensait que chaque jour était le dernier.

Pour lui, elle n’est pas vraiment partie. « J’ai beaucoup prié pour que ma femme s’en sorte, mais Dieu ne m’envoyait que des catastrophes. Aujourd’hui, c’est ma femme que j’appelle dans mes prières. » Il vit avec son image, refusant consciemment un deuil qui lui paraît encore prématuré. « Le départ de ma femme est une cicatrice qui ne s’estompe pas. C’est d’autant plus dur que je ne suis pas sûr d’avoir envie qu’elle s’estompe. » Bien sûr, il en a connu d’autres. Avant et après. Souvent, bien placées. Une carrière sentimentale brillante et diversifiée. De Corinne Bouygues dans sa jeunesse, à Mouna Ayoub, plus récemment.

Franc, direct, il ne renie pas son goût pour les jolies femmes. Contrairement aux bruits de couloir, l’intérêt ne semble pas être sa préoccupation. « Par paresse sociale, ses choix se sont davantage portés vers de riches héritières que vers des caissières de supermarché », indique un ami. Qui oserait reprocher une vie affective désormais plus frivole à celui qui ne parvient pas à panser ses plaies ? Il ne s’en cache pas, sa souffrance reprend toujours le dessus : « Désormais, j’ai tendance à aller vers des femmes qui me sortent de ma tristesse et de mes souffrances. Cela peut aider, momentanément. »

Les sentiers de la gloire

Relever un défi. Sortir la tête haute, alors que chacun vous attend au coin du bois. Ceux qui lui reprochent son intérêt ne peuvent certainement pas lui arracher la noblesse d’un combat. Au-delà de l’argent, au-delà de la représentation, le groupe est devenu l’objet d’un sens. Celui d’une vie. « Je ne mettrai jamais l’âme du groupe en péril. Je me sens investi d’une responsabilité vis-à-vis de Lucien, de Diane et des enfants. Nous ne sommes qu’usufruitiers du patrimoine de nos enfants. » Peu lui importent les polémiques relatives à l’opportunisme de ses convictions.

Il a fortement développé la marque, alors qu’autour de lui, tous s’attendaient à ce que le notaire ne soit pas à la hauteur de la tâche qui lui était confiée. Rationnel, pragmatique, sérieux, il exerce une autorité de prudence, là où Diane, plus sûre d’elle, exerçait une autorité d’exubérance. Les casinos, fers de lance et première source de revenus du groupe, sont l’objet de toute son attention. Il a su conformer ses objectifs à l’évolution des activités. « La clientèle des casinos a beaucoup changé. Les jeux de table, les princes et les princesses, c’est fini. » Désormais, il s’agit de répondre avec succès aux appels d’offre sur les villes de plus de 500 000 habitants. Il vient de remporter celui de Toulouse et bataille pour obtenir celui de Lille. S’il sait déléguer, il supporte mal de ne pas être tenu au courant de tout et peut devenir soupe au lait. Alors, il garde la double mainmise sur la stratégie et sur les détails. Les travaux, il les gère en direct.

Ayant investi près de 400 millions d’euros dans les réfections de l’ensemble des hôtels et restaurants, il s’attaque actuellement au grand chantier parisien du « baby-palace », Fouquet’s Barrière, dont son beau-père avait tant rêvé. Pas moins de cinq immeubles sur les Champs-Elysées, le tout décoré par Jacques Garcia. Ses enfants, âgés de 15 et 18 ans, le rejoindront dans quelques années. En attendant, il ne souhaite pas pousser à l’extrême le développement du groupe, par crainte de lui faire perdre son âme… et peut-être la part majoritaire de la famille. Fin d’une histoire. Désormais, il a tout pour être heureux, mais son regard reste vague. Les souffrances et les responsabilités ont certainement eu raison de sa joie de vivre. Beaucoup de chance, beaucoup de malheur. L’histoire demeure trop moralisatrice.

Signes

. Ses lieux
La Sardaigne, Dinard, sa maison à Paris.
. Son Panthéon
Dumas père et fils, de Gaulle, Hugo, Napoléon, Stendhal.
. Ses dates
. 19 août 1944 : La Libération de Paris.
. 1987 et 1990 : Les naissances de ses deux enfants.
. Son signe zodiacal
Lion, 19 août 1944.

Rédigé le mercredi, 4 janvier 2006 | TrackBack (0)
Déposez un commentaire | Commentaires (0)

Commenter cet article

 

NewsLetter
 
 
 

 
RendezVous

1345_labbey.jpg

 Bertrand de Labbey
 Yves Repiquet
 Denis Jeambar
 François Bayrou
 
 
 
 
 

 
BlogsHebdo

Paris14.info
BlogsUtiles


un premier blog utile

un autre blog utile

et encore un

FluxRSS

Voir tous les flux RSS

 
 

 
 

 

Articles les plus lus

Philippe Villin, l’ombre du papillon

Bertrand de Labbey, le chat sur un toît brûlant

Leclerc, la formule gagnant - gagnant

L’œil de …Olivier Pardo - avocat à la Cour et ancien magistrat

La Reine des abeilles

Le dernier-né du capitalisme s’impose dans le paysage français

Finances publiques : la nouvelle génération aux commandes à Bercy

Dominique Desseigne, l’amour en héritage

Privatisation - EDF vendu au prix fort

« Le Parti socialiste est-il tombé sur la tête ? »

Commentaires

free sexy trailer sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

in sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

in sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

com sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

com sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

com sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

com sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

of sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

com sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

in sur
Philippe Villin, l’ombre du papillon

5 derniers blogs à lire

Paname ensemble

Paris Daily Photo

Paris Daily Photo

Paris Daily Photo

Paris Daily Photo

 
  Contact   Informations légales   Tarifs Publicitaires   Archives   Crédits