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      <title>Equipement</title>
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         <title>Les limites de la sous-traitance</title>
         <description><![CDATA[<p align="justify"><em>Le recours &agrave; des sous-traitants et des contr&ocirc;les insuffisants ont nourri les critiques r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es par Philippe de Villiers dans un livre pol&eacute;mique.</em></p><p align="justify">Questions insidieuses, mauvaises r&eacute;ponses, mais v&eacute;ritable sujet. Le livre Les Mosqu&eacute;es de Roissy sign&eacute; par le d&eacute;put&eacute; Philippe de Villiers a provoqu&eacute; une crise de t&eacute;tanie dans le monde des a&eacute;roports, amenant m&ecirc;me le ministre des Transports, Dominique Perben, et son coll&egrave;gue de l&rsquo;Int&eacute;rieur, Nicolas Sarkozy, &agrave; effectuer, de fa&ccedil;on express, une visite sur les lieux, pour rassurer les salari&eacute;s et les voyageurs. Indiscutablement, la question se pose de fa&ccedil;on aigu&euml; pour l&rsquo;Etat, A&eacute;roports de Paris (ADP) et les compagnies a&eacute;riennes. Le transport a&eacute;rien est une cible de choix pour le terrorisme. Comment, dans ces conditions, s&eacute;curiser au maximum une zone dans laquelle travaillent plus de 100 000 salari&eacute;s ?</p><p align="justify">Probl&eacute;matique d&rsquo;autant plus complexe que l&rsquo;Etat a progressivement abandonn&eacute; bon nombre de ses missions r&eacute;galiennes de s&eacute;curit&eacute;, pour les d&eacute;l&eacute;guer &agrave; des entreprises priv&eacute;es. Aujourd&rsquo;hui, lorsqu&rsquo;un passager se pr&eacute;sente &agrave; Roissy pour prendre un vol, son seul contact avec les services de police se limite au fonctionnaire qui contr&ocirc;le son passeport. A moins que ce voyageur ne transporte stup&eacute;fiants ou explosifs. Pour le reste, la fouille de ses bagages ou la palpation de ses v&ecirc;tements est, depuis plus d&rsquo;une d&eacute;cennie, assur&eacute;e par des soci&eacute;t&eacute;s de s&ucirc;ret&eacute; sous-traitantes. De m&ecirc;me que la surveillance des avions sur le tarmac ou encore les mesures sp&eacute;ciales prises sur les vols &agrave; destination du Moyen-Orient ou des Etats-Unis.</p><p align="justify"><strong>Des appels d&rsquo;offre qui font baisser la qualit&eacute; du service</strong></p><p align="justify">Un march&eacute; de 350 millions d&rsquo;euros pour l&rsquo;ensemble des a&eacute;roports fran&ccedil;ais, attribu&eacute; sous forme d&rsquo;appels d&rsquo;offres. Or, ces derniers temps, il semble que la concurrence aigu&euml; entre la dizaine d&rsquo;entreprises qui se partagent ce march&eacute; ait fait baisser les prix certes, mais aussi la qualit&eacute; de service. &laquo; Auparavant, les acheteurs de prestations de s&ucirc;ret&eacute; combinaient prix et professionnalisme. Aujourd&rsquo;hui, le crit&egrave;re est davantage le prix, avec des cons&eacute;quences n&eacute;gatives &agrave; terme, comme l&rsquo;arriv&eacute;e de soci&eacute;t&eacute;s qui ne poss&egrave;dent ni le s&eacute;rieux professionnel, ni l&rsquo;anciennet&eacute; dans le m&eacute;tier que l&rsquo;on pourrait attendre.</p><p align="justify">Il ne faudrait pas que le monde de la s&ucirc;ret&eacute; a&eacute;roportuaire devienne comme le monde de la s&eacute;curit&eacute; &raquo;, analyse, en pesant prudemment ses mots, Roger Dutoit, le PDG de Brink&rsquo;s France. Sans compter que le contr&ocirc;le de l&rsquo;Etat sur des soci&eacute;t&eacute;s de s&ucirc;ret&eacute; p&egrave;che par manque de moyens et une &eacute;trange organisation. &laquo; Nous avons des agents dans les a&eacute;rogares qui observent que 100 % des bagages de soute et 50 % des bagages emport&eacute;s dans la cabine de l&rsquo;avion sont bien inspect&eacute;s. Et lorsque ce n&rsquo;est pas le cas, nous dressons un proc&egrave;s-verbal &raquo;, affirme Jacques Lebrot, le sous-pr&eacute;fet charg&eacute; des a&eacute;roports de Roissy et du Bourget.</p><p align="justify"><strong>Des contr&ocirc;les de qualit&eacute; insuffisants</strong></p><p align="justify">En r&eacute;ponse, un familier des services de renseignements de Roissy se demande pourquoi l&rsquo;Etat n&rsquo;est toujours pas capable, en 2006, de mettre le syst&egrave;me &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve, avec une valise-test contenant des faux explosifs, afin de voir si elle serait effectivement d&eacute;tect&eacute;e. Quant &agrave; la pr&eacute;sence d&rsquo;un sous-pr&eacute;fet coordonnateur, elle s&rsquo;explique par la juxtaposition des forces de r&eacute;pression. Pas moins de trois services : la police aux fronti&egrave;res (PAF), la gendarmerie du transport a&eacute;rien (GTA) et les douanes cohabitent sur le territoire de Roissy et d&eacute;fendent jalousement leur territoire. Pour couronner le tout, ils d&eacute;pendent de trois minist&egrave;res diff&eacute;rents : l&rsquo;Int&eacute;rieur, l&rsquo;Economie et les Transports. Difficile dans ces conditions d&rsquo;&eacute;viter une guerre des polices quand chacun doit fournir des statistiques et respecter des objectifs ou, comme les douanes, est int&eacute;ress&eacute; financi&egrave;rement aux r&eacute;sultats.</p><p align="justify"><strong>Vide juridique</strong></p><p align="justify">Quand dans son livre, Philippe de Villiers &eacute;voque des mosqu&eacute;es, il s&rsquo;agit tout au plus de lieux de pri&egrave;re de dimensions g&eacute;n&eacute;ralement modestes. Pour autant, ils existent et de fa&ccedil;on clandestine. &laquo; Nous en avons recens&eacute; 27 au mois de f&eacute;vrier, il n&rsquo;en restait plus que 12 au mois d&rsquo;avril. Nous n&rsquo;avons probablement pas &eacute;t&eacute; assez vigilants &raquo;, reconna&icirc;t Jacques Lebrot. D&rsquo;autant qu&rsquo;une bonne partie de ces salles de pri&egrave;re &eacute;tait install&eacute;e en zone r&eacute;serv&eacute;e, c&rsquo;est-&agrave;-dire dans la partie la plus sensible de l&rsquo;a&eacute;roport, o&ugrave; l&rsquo;on ne peut acc&eacute;der qu&rsquo;avec le port d&rsquo;un badge sp&eacute;cial.</p><p align="justify">Or, il y a, sur l&rsquo;a&eacute;roport, 63 000 badges d&rsquo;acc&egrave;s aux zones r&eacute;serv&eacute;es (qui donnent notamment acc&egrave;s au tarmac et aux avions). Ils sont d&eacute;livr&eacute;s apr&egrave;s une &eacute;tude de la candidature, par A&eacute;roports de Paris, o&ugrave; le service comp&eacute;tent ne compte que 33 salari&eacute;s. Un deuxi&egrave;me examen est effectu&eacute; par la police aux fronti&egrave;res, o&ugrave; ils ne sont plus que 27 fonctionnaires &agrave; interroger les diff&eacute;rents fichiers de personnes signal&eacute;es ou ayant fait l&rsquo;objet de condamnations. </p><p align="justify">Pour les salari&eacute;s des soci&eacute;t&eacute;s de s&ucirc;ret&eacute;, il faut, en sus du badge, un double agr&eacute;ment donn&eacute; par la pr&eacute;fecture et le procureur de la R&eacute;publique. Or ces habilitations sont valables pour trois ans &laquo; et pendant cette p&eacute;riode, il n&rsquo;y a plus de contr&ocirc;le &raquo;, s&rsquo;insurge un cadre dirigeant d&rsquo;une entreprise sous-traitante. La situation devient carr&eacute;ment ubuesque, lorsqu&rsquo;un salari&eacute; porteur d&rsquo;un badge fait l&rsquo;objet d&rsquo;un signalement par les renseignements g&eacute;n&eacute;raux pour son militantisme actif dans un mouvement religieux radical, ou pour son pros&eacute;lytisme.</p><p align="justify">La police signale alors le cas &agrave; l&rsquo;entreprise de s&ucirc;ret&eacute; sous-traitante, mais sans lui donner de consignes. Elle peut m&ecirc;me suspendre l&rsquo;habilitation de s&eacute;curit&eacute; du salari&eacute; en question. Et apr&egrave;s ? la soci&eacute;t&eacute; de s&ucirc;ret&eacute; ne peut pas officiellement licencier un salari&eacute; pour cause de militantisme religieux. Elle doit donc, normalement, affecter le salari&eacute; &agrave; d&rsquo;autres t&acirc;ches dans l&rsquo;a&eacute;roport pour lesquelles il n&rsquo;aura pas &agrave; se rendre en zone r&eacute;serv&eacute;e. &laquo; Je ne suis pas charg&eacute; de la gestion des entreprises sous-traitantes &raquo;, se borne &agrave; r&eacute;pondre Jacques Lebrot lorsqu&rsquo;on l&rsquo;interroge sur cette apparente contradiction. &laquo; C&rsquo;est effectivement un cas de figure int&eacute;ressant.</p><p align="justify">J&rsquo;ai eu, jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, la chance de ne pas y &ecirc;tre confront&eacute; &raquo;, d&eacute;clare pour sa part le pr&eacute;sident de Brinks France, Roger Dutoit. Tous deux ne peuvent, en tout cas, ignorer que d&rsquo;autres Etats ont fait des choix diff&eacute;rents dans la gestion des a&eacute;roports. En Grande-Bretagne, c&rsquo;est une force de police unique qui op&egrave;re sur les a&eacute;roports. Aux Etats-Unis, il a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute;, apr&egrave;s le 11 septembre 2001, de cr&eacute;er une agence f&eacute;d&eacute;rale charg&eacute;e de la s&ucirc;ret&eacute; du transport a&eacute;rien. Elle est l&rsquo;unique interlocuteur des a&eacute;roports en la mati&egrave;re.</p><p align="justify">Seuls cinq a&eacute;roports ne d&eacute;pendent pas d&rsquo;elles, afin que Washington puisse &eacute;valuer si ces plateformes organisent mieux leur s&ucirc;ret&eacute; en &eacute;tant ind&eacute;pendantes. La France sociale d&eacute;mocrate devrait-elle se mettre &agrave; suivre la d&eacute;marche lib&eacute;rale am&eacute;ricaine en redonnant plus de pouvoir &agrave; l&rsquo;Etat en mati&egrave;re de s&ucirc;ret&eacute; ?</p><p align="justify"><strong>Franck Bouaziz</strong></p>]]></description>
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         <category>économique</category>
         <pubDate>Thu, 04 May 2006 05:00:00 +0100</pubDate>
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