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    <title>Energie &amp; Environnement</title>
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    <updated>2006-06-26T14:06:52Z</updated>
    
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    <title>Les rochers de la discorde</title>
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    <published>2006-05-11T04:00:00Z</published>
    <updated>2006-06-26T14:06:52Z</updated>
    
    <summary><![CDATA[Dans l&rsquo;Atlantique Nord, en mer de Chine ou au Japon&hellip; des petits points de fixation perdus sur la plan&egrave;te qui pourraient faire un jour un grand conflit.]]></summary>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.nouveleco.net/energie_et_environnement/">
        <![CDATA[<p align="justify">G&eacute;opolitique Par <strong>Pascal Lorot</strong></p><p align="justify"><em>Dans l&rsquo;Atlantique Nord, en mer de Chine ou au Japon&hellip; des petits points de fixation perdus sur la plan&egrave;te qui pourraient faire un jour un grand conflit.</em></p><p align="justify">Les tensions internationales sont le plus souvent analys&eacute;es sous le prisme unique des grands dossiers : conflit isra&eacute;lo-palestinien, guerre contre le terrorisme, questions p&eacute;troli&egrave;res, ambitions nucl&eacute;aires des uns et des autres, etc. Pourtant, nombreux sont les petits points de fixation dont personne ne parle et qui, un beau jour, surgissent sans crier gare &agrave; l&rsquo;avant-sc&egrave;ne de l&rsquo;actualit&eacute; mondiale.</p><p align="justify">Petit territoire insulaire de 13 hectares situ&eacute; au large de l&rsquo;enclave espagnole de Ceuta, l&rsquo;&icirc;lot Persil, par exemple, est de ceux-l&agrave;. Il opposa en effet l&rsquo;Espagne au Maroc en juillet 2002 lorsque ce dernier y d&eacute;p&ecirc;cha plusieurs gendarmes pour l&rsquo;occuper. La souverainet&eacute; espagnole y fut r&eacute;tablie en quelques jours sous les pressions diplomatiques, apr&egrave;s moult gesticulations guerri&egrave;res de la part de Madrid. Un conflit arm&eacute; fut &eacute;vit&eacute; de peu mais, depuis lors, les relations entre Rabat et Madrid sont tendues. En mer de Chine m&eacute;ridionale, la probabilit&eacute; d&rsquo;un v&eacute;ritable conflit arm&eacute; est bien plus &eacute;lev&eacute;e.</p><p align="justify">Les &icirc;les Spratley et&nbsp;les &icirc;les Paracel, deux archipels coraliens inhabit&eacute;s, font l&rsquo;objet de revendications crois&eacute;es, totales ou partielles, exclusives les unes des autres, qui engagent la Chine, Taiwan, le Vietnam, la Malaisie, les Philippines et Brunei et aboutissent &agrave; des accrochages r&eacute;currents, pour l&rsquo;instant circonscrits, entre flottes militaires. Affrontement qui a bien failli survenir &agrave; propos des Rochers Liancourt il y a peu.</p><p align="justify">Minuscules rochers perdus au milieu de la mer du Japon, les &icirc;lots Dokdo-Takeshima sont occup&eacute;s par l&rsquo;arm&eacute;e sud-cor&eacute;enne alors que le Japon les revendique. Lorsque Tokyo a annonc&eacute; mi-avril 2006 y envoyer un programme scientifique de recherche oc&eacute;anographique, la r&eacute;plique de S&eacute;oul fut d&rsquo;y ordonner le d&eacute;ploiement d&rsquo;une flotte de 18 b&acirc;timents de guerre&hellip; </p><p align="justify">Plus pacifique est le conflit qui a oppos&eacute; l&rsquo;an pass&eacute; le Canada et le Danemark &agrave; propos de l&rsquo;&icirc;le Hans, &icirc;lot inhabit&eacute; d&rsquo;&agrave; peine 1,3 km2 situ&eacute; dans le d&eacute;troit de Nares, entre l&rsquo;&icirc;le canadienne d&rsquo;Ellesmere et le Groenland. Cette fois-ci, les parties prenantes en sont rest&eacute;es au niveau de la guerre des mots, m&ecirc;me si le ministre danois de la D&eacute;fense a pris la peine de souligner qu&rsquo;en cas de conflit, le Canada n&rsquo;aurait pas les moyens militaires de ses ambitions&hellip;</p><p align="justify">Au-del&agrave; des complications diplomatiques internationales que ces contentieux occasionnent, il est int&eacute;ressant de noter que, si ceux-ci peuvent &ecirc;tre motiv&eacute;s tant par des revendications territoriales, parfois l&eacute;gitimes au regard de certaines s&eacute;quences de l&rsquo;histoire, que par des pouss&eacute;es de nationalismes que la mondialisation, finalement, n&rsquo;a fait que renforcer.</p><p align="justify">Ils sont le plus souvent sous-tendus par la d&eacute;couverte de ressources p&eacute;troli&egrave;res et mini&egrave;res importantes. C&rsquo;est le cas, de mani&egrave;re probante, en mer de Chine m&eacute;ridionale, &ccedil;a l&rsquo;est aussi dans le cas des Rochers Liancourt comme pour l&rsquo;&icirc;le Hans, ainsi qu&rsquo;en de nombreux autres points du globe. Finalement, les &laquo; rochers de la discorde &raquo;, apparemment insignifiants, se retrouvent au c&oelig;ur de la course mondiale pour la s&eacute;curisation des approvisionnements &eacute;nerg&eacute;tiques, c&rsquo;est-&agrave;-dire du principal enjeu g&eacute;opolitique du moment.<br /></p>]]>
        
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    <title>Entreprises &amp; Conseils : comment financer une start-up avec la Bourse ?</title>
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    <published>2006-03-08T12:00:00Z</published>
    <updated>2006-06-22T21:02:23Z</updated>
    
    <summary><![CDATA[Gr&acirc;ce &agrave; une introduction sur le March&eacute; libre astucieusement men&eacute;e il y a quelques semaines, la &laquo; jeune pousse &raquo; Velcan Energy qui va produire de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; &laquo; verte &raquo; en Inde, au Br&eacute;sil et en France vient de lever 25 millions d&rsquo;euros aupr&egrave;s d&rsquo;une douzaine d&rsquo;investisseurs, fran&ccedil;ais et britanniques. Un cas d&rsquo;&eacute;cole.]]></summary>
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        <![CDATA[<p align="justify"><br />La bulle et la crise informatique n&rsquo;ont pas douch&eacute; leur enthousiasme d&rsquo;entrepreneurs. Antoine Decitre, 36 ans, polytechnicien, et son associ&eacute; Jean-Luc Rivoyre (Supelec), qui se sont connus chez PriceWaterhouse Coopers, cr&eacute;ent en 1998 une soci&eacute;t&eacute; de capital-risque. Avec 100 000 francs pour tout viatique. Celle-ci re&ccedil;oit alors l&rsquo;appui du Cr&eacute;dit Agricole. La &laquo; banque verte &raquo; prend le quart du capital de la Financi&egrave;re Saint Merri sp&eacute;cialis&eacute;e dans la prise de participations dans des baby-entreprises high-tech. IBM rach&egrave;tera ainsi, en leur laissant une superbe plus-value, une petite soci&eacute;t&eacute; informatique &ndash; Meyosis &ndash; sp&eacute;cialis&eacute;e dans les syst&egrave;mes &agrave; tol&eacute;rance de panne. La bulle Internet puis la crise informatique ont simplement d&eacute;vi&eacute; leurs ambitions en anticipant les besoins pr&eacute;visibles de l&rsquo;&eacute;conomie vers la production d&rsquo;&eacute;nergie renouvelable. &laquo; Et plus particuli&egrave;rement celle qui est produite gr&acirc;ce aux biomasses agricole et foresti&egrave;re, qui nous semble avoir bien davantage de potentiel que l&rsquo;&eacute;olien ou l&rsquo;hydro&eacute;lectricit&eacute;. &raquo; Dix-huit mois d&rsquo;&eacute;tudes plus tard, consacr&eacute;s &agrave; la faisabilit&eacute; du projet, qui a d&ucirc; appr&eacute;cier les gisements de tontes de gazon, balle de riz, bagasse &ndash; r&eacute;sidu de canne &agrave; sucre &ndash; et autres d&eacute;chets v&eacute;g&eacute;taux, ainsi que les technologies des chaudi&egrave;res les mieux adapt&eacute;es pour les transformer en kilowatts. En f&eacute;vrier 2005 donc, avec 1,5 million d&rsquo;euros et la richesse d&rsquo;un business-plan particuli&egrave;rement &eacute;labor&eacute;, ils cr&eacute;ent Velcan Energy, qui ouvrira dans quelques mois sa premi&egrave;re centrale &eacute;lectrique&hellip; en Inde.</p><p align="justify"><br /><strong>Un m&eacute;canisme astucieux</strong></p><p align="justify"><br />Mais jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, leur prouesse est bien plus financi&egrave;re que technologique. Elle valorise leur jeune soci&eacute;t&eacute;, qui n&rsquo;a pour l&rsquo;instant factur&eacute; aucun client, &agrave; 50 millions d&rsquo;euros : les deux entrepreneurs viennent en effet de c&eacute;der 49,7 % de leur entreprise pour 25 millions d&rsquo;euros avant la production du moindre kilowatt. Mais leur business-plan vaut de l&rsquo;or, &agrave; en croire la confiance et les capitaux confi&eacute;s par une demi-douzaine de fonds d&rsquo;investissements. La s&eacute;duction s&rsquo;est faite en deux temps. Le premier sous la forme d&rsquo;une introduction en Bourse. Une quantit&eacute; infime du capital &ndash; 0,5 % &ndash; sur le March&eacute; libre, sous la forme d&rsquo;un placement priv&eacute; qui permet de faire l&rsquo;impasse sur les multiples d&eacute;marches de l&rsquo;appel public &agrave; l&rsquo;&eacute;pargne et l&rsquo;obtention d&rsquo;un visa de la part de l&rsquo;AMF. 4 470 actions sur 2 millions ont ainsi &eacute;t&eacute; propos&eacute;es le 10 octobre dernier au prix de 8,50 euros. <em>&laquo; Ce qui non seulement nous a donn&eacute; une certaine l&eacute;gitimit&eacute;, mais a surtout rassur&eacute; les investisseurs de notre tour de table sur la transparence des informations fournies. En outre, pour nos clients indiens, le fait d&rsquo;&ecirc;tre une soci&eacute;t&eacute; cot&eacute;e et donc &ldquo;publique&rdquo; est d&eacute;terminant &raquo;</em>, poursuit Jean-Luc Rivoyre.</p><p align="justify">&nbsp;</p><p align="justify">En fait, ils vont se servir de cette timide introduction comme un formidable levier pour lever du cash. Un &laquo; road show &raquo; &agrave; Londres, un autre &agrave; Paris, organis&eacute;s par Europe Finance et Industrie, permettent alors aux deux entrepreneurs ainsi qu&rsquo;&agrave; leur petite &eacute;quipe &ndash; 10 personnes &ndash; de faire partager leurs convictions pour ce march&eacute; de &laquo; l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; verte &raquo;, riche de promesses et de rentabilit&eacute;.</p><p align="justify">&nbsp;</p><p align="justify">La cr&eacute;dibilit&eacute; obtenue par cette admission en Bourse aux formalit&eacute;s des plus l&eacute;g&egrave;res s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e payante. Elle donne en effet aux nouveaux entrants &ndash; une douzaine de fonds, moiti&eacute; fran&ccedil;aise, moiti&eacute; britannique &ndash; une possibilit&eacute; de sortie. Parmi les premiers, on trouve Cholet-Dupont, la Financi&egrave;re Chausson, l&rsquo;Ide, etc. Outre-Manche, quelques <em>&laquo; hedge funds &raquo;</em> et fonds de pension, ainsi que le fonds Henderson, ont pris des participations variant chacune entre 500 000 &agrave; 5 millions d&rsquo;euros.</p><p align="justify">&nbsp;</p><p align="justify"><strong>Un projet pour investisseurs avertis</strong></p><p align="justify">&nbsp;</p><p align="justify">De surcro&icirc;t, malgr&eacute; ce flottant des plus modestes, les perspectives de valorisation pour des analystes qui anticipent toujours les performances &agrave; venir mises en pleine lumi&egrave;re par le march&eacute; repr&eacute;sentent un atout appr&eacute;ciable. &laquo; Autre avantage, nous avons les coud&eacute;es beaucoup plus franches qu&rsquo;avec la prise de participation d&rsquo;un de ces &ldquo;equity funds&rdquo; qui prennent le plus souvent des participations majoritaires et veulent influer sur la strat&eacute;gie et le management &raquo;, poursuit l&rsquo;un des associ&eacute;s. Certes, les modalit&eacute;s de l&rsquo;introduction en Bourse pourraient para&icirc;tre un peu l&eacute;g&egrave;res pour un particulier qui ne b&eacute;n&eacute;ficie pas ici des garanties de l&rsquo;appel public &agrave; l&rsquo;&eacute;pargne. En revanche, les fonds, riches de leurs professionnels aff&ucirc;t&eacute;s, sont parfaitement &agrave; m&ecirc;me d&rsquo;&eacute;valuer leurs risques. Et surtout les perspectives de rentabilit&eacute; qui leur sont proportionnelles.</p><p align="justify">&nbsp;</p><p align="justify">D&rsquo;ici &agrave; 2009, les dirigeants de Velcan ont programm&eacute; la construction d&rsquo;une trentaine de centrales, soit une capacit&eacute; globale de 200 m&eacute;gawatts revendus &agrave; EDF sur la base de 45 euros, et de 60 euros en Inde. <em>&laquo; Les besoins y sont consid&eacute;rables, puisque 60 % des Indiens n&rsquo;ont pas l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. &raquo;</em> La premi&egrave;re chaudi&egrave;re sera mise en &oelig;uvre d&eacute;but 2006 gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;intervention d&rsquo;Areva, dont la filiale Areva TD livrera l&rsquo;installation cl&eacute; en main. Une centrale de 7 m&eacute;gawatts y co&ucirc;te 6 millions d&rsquo;euros &ndash; contre 15 millions en France &ndash; dont 70 % sont financ&eacute;s par de la dette. <em>&laquo; Le projet est &agrave; maturit&eacute;, puisque 18 centrales sont d&eacute;j&agrave; programm&eacute;es&hellip; &raquo;</em> Le r&eacute;chauffement climatique et le protocole de Kyoto plaident pour le d&eacute;veloppement de la petite entreprise qui met en &oelig;uvre d&rsquo;importants actifs industriels sur le long terme.</p><p align="justify">&nbsp;</p><p align="justify">Des n&eacute;gociations au Br&eacute;sil devraient se concr&eacute;tiser tr&egrave;s bient&ocirc;t par de nouveaux sites &agrave; &eacute;quiper dans les ann&eacute;es qui viennent. En France, c&rsquo;est &agrave; la Roche-en-Brenil, aux environs de Dijon, que la premi&egrave;re installation br&ucirc;lera en 2007 les r&eacute;sidus forestiers. Velcan investira 2,5 millions d&rsquo;euros. A Nantes, la mairie &eacute;tudie elle aussi l&rsquo;implantation d&rsquo;une centrale &laquo; propre &raquo;. C&rsquo;est le rachat de petites centrales existantes qui donnera sa physionomie au premier exercice clos en 2006 avec 8 millions d&rsquo;euros de chiffre d&rsquo;affaires. &laquo; Nous serons b&eacute;n&eacute;ficiaires d&egrave;s le premier exercice, notamment gr&acirc;ce aux permis d&rsquo;&eacute;mission carbone &raquo;, pr&eacute;voit Jean-Luc Rivoyre.</p><p align="justify">Patrick Arnoux</p>]]>
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    <title>Privatisation - EDF vendu au prix fort</title>
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    <published>2005-12-22T06:00:00Z</published>
    <updated>2006-06-25T07:59:53Z</updated>
    
    <summary><![CDATA[EDF reste une entreprise soumise &agrave; interf&eacute;rences politiques. Pour le niveau de l&rsquo;ouverture du capital, comme pour l&rsquo;&eacute;volution du cours ou l&rsquo;&eacute;ventuelle renationalisation.]]></summary>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.nouveleco.net/energie_et_environnement/">
        <![CDATA[<p align="justify">EDF reste une entreprise soumise &agrave; interf&eacute;rences politiques. Pour le niveau de l&rsquo;ouverture du capital, comme pour l&rsquo;&eacute;volution du cours ou l&rsquo;&eacute;ventuelle renationalisation. C&rsquo;est aussi une entreprise qui, selon l&rsquo;AMF, doit r&eacute;pondre &agrave; une double question : le financement de retraites et la r&eacute;novation des centrales. Les actionnaires doivent le savoir.</p>]]>
        <![CDATA[<p align="justify">En proposant les actions EDF &agrave; un prix pour le moins &eacute;lev&eacute;, Thierry Breton, le ministre des Finances, a jou&eacute; au &laquo; super trader &raquo; pour le compte de l&rsquo;Etat actionnaire, mais il a pris le risque de tuer dans l&rsquo;&oelig;uf le renouveau d&rsquo;un capitalisme populaire &agrave; la fran&ccedil;aise. Cinq millions de particuliers, dont 126 000 agents EDF sur un effectif total de 224 000, ont sign&eacute; un ch&egrave;que de 8 000 euros en moyenne ! A chaque fois que les actionnaires individuels arrivent en Bourse en masse, par un coup du sort dont la France a le secret, ils re&ccedil;oivent un coup de gourdin&hellip; financier. La Bourse est, il est vrai, une &eacute;cole de patience, un march&eacute; o&ugrave; le cours des actions n&rsquo;est en rien garanti &ndash; et le gain en plus-value encore moins.</p><p align="justify">Cette observation, rigoureusement exacte, s&rsquo;applique pourtant tr&egrave;s mal au processus d&rsquo;ouverture du capital d&rsquo;EDF. A chacune des &eacute;tapes, le pouvoir politique veillait au grain. Trop sans doute. Le m&eacute;lange des genres entre calculs politiques et objectifs financiers constitue rarement un gage de performance boursi&egrave;re. Au deuxi&egrave;me jour de cotation, le 22 novembre, l&rsquo;action EDF enregistrait une baisse de 2,97 % par rapport au cours d&rsquo;introduction. Mais les interventions des banques ont permis le soutien du cours.</p><p align="justify"><strong>Une histoire hexagonale</strong></p><p align="justify">L&rsquo;histoire de la privatisation d&rsquo;EDF est typiquement hexagonale. En pr&eacute;sence de Lionel Jospin et de Jacques Chirac, le Conseil europ&eacute;en de Lisbonne d&eacute;cidait en 2000 les &eacute;tapes de l&rsquo;ouverture &agrave; la concurrence du march&eacute; de l&rsquo;&eacute;nergie. Cons&eacute;quence, EDF voyait son monopole &eacute;corn&eacute; et cherchait tout naturellement &agrave; compenser les pertes de parts de march&eacute; domestique par des conqu&ecirc;tes &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger.</p><p align="justify">Pour rendre le syst&egrave;me tol&eacute;rable par les &laquo; partenaires ext&eacute;rieurs &raquo;, il fallait accorder la r&eacute;ciprocit&eacute; par l&rsquo;ouverture du capital d&rsquo;EDF. Une loi sign&eacute;e Nicolas Sarkozy, en tant que ministre des Finances, a autoris&eacute; cette ouverture &agrave; hauteur de 30 %. Un pourcentage logique en regard du march&eacute; des capitaux, des besoins de l&rsquo;entreprise, et du n&eacute;cessaire contr&ocirc;le de l&rsquo;Etat. Las, Dominique de Villepin, devenu Premier ministre, a choisi de diviser par deux le pourcentage propos&eacute; aux investisseurs &ndash; au nom du &laquo; patriotisme &eacute;conomique &raquo; et par peur des r&eacute;actions de la CGT. Cons&eacute;quence, seulement 15 % du capital mis sur le march&eacute;, soit sept milliards d&rsquo;euros. Thierry Breton a annonc&eacute; en personne, sur la radio priv&eacute;e RTL, le cours d&rsquo;introduction retenu : 32 euros pour le grand public, 33 euros pour les institutionnels, d&eacute;cote de 20 % pour les agents EDF b&eacute;n&eacute;ficiaires d&rsquo;une tranche r&eacute;serv&eacute;e d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros. Les analystes financiers ont tous conclu &agrave; un tarif &laquo; trop cher par rapport &agrave; la valorisation des concurrents europ&eacute;ens &raquo;.</p><p align="justify">EDF souffre en particulier de trois handicaps : une dette trop &eacute;lev&eacute;e, un risque d&rsquo;encadrement des tarifs d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; par l&rsquo;Etat, un vieillissement des centrales nucl&eacute;aires &ndash; le provisionnement pour renouvellement du parc est mal anticip&eacute;. La note publi&eacute;e par l&rsquo;Autorit&eacute; de march&eacute;s financiers (AMF) sur l&rsquo;op&eacute;ration EDF insistait d&rsquo;ailleurs sur la double question, non r&eacute;solue, du financement des retraites et de la r&eacute;novation des centrales. Mais l&rsquo;AMF juge seulement de la coh&eacute;rence d&rsquo;ensemble de l&rsquo;information publi&eacute;e et non de l&rsquo;opportunit&eacute; d&rsquo;un achat. Par construction, les interf&eacute;rences politiques sont ignor&eacute;es&hellip;</p><p align="justify"><strong>Vers un cours pivot &agrave; 27 euros</strong></p><p align="justify">Dommage : la volont&eacute; du PS de renationaliser EDF aurait pouss&eacute; Bercy &agrave; miser sur la dissuasion d&rsquo;un cours d&rsquo;introduction gonfl&eacute;. Balivernes, r&eacute;pond le cabinet du ministre. C&rsquo;est la Commission des participations et des transferts (CPT) qui fixe le prix minimum auquel l&rsquo;Etat peut privatiser. Et c&rsquo;est ce taux plancher, 32 euros, que Thierry Breton a choisi ! La CPT, cr&eacute;&eacute;e &agrave; l&rsquo;origine par Edouard Balladur en 1986, est compos&eacute;e de sept hauts fonctionnaires, nomm&eacute;s pour cinq ans, &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance garantie. Leur mission est d&rsquo;&eacute;viter le bradage du patrimoine des Fran&ccedil;ais. &laquo; EDF aura &eacute;t&eacute; le 159e avis de la Commission des participations ; il s&rsquo;impose &agrave; la gauche comme &agrave; la droite ; le cours de l&rsquo;action EDF doit &ecirc;tre regard&eacute; sur le moyen terme &raquo;, pr&eacute;cise Bercy. Faut-il conclure &agrave; des avis d&rsquo;experts sous influence politique ou convaincus par le dossier rutilant pr&eacute;sent&eacute; par la direction d&rsquo;EDF ? Difficile de trancher. En tout cas, les march&eacute;s semblent parier sur un cours pivot de 27 euros, en phase avec la valorisation des concurrents comparables. Le &laquo; hold-up &raquo; imm&eacute;diat de l&rsquo;Etat actionnaire sur les actionnaires individuels peut alors &ecirc;tre estim&eacute; &agrave; un milliard d&rsquo;euros. Un b&eacute;mol toutefois, la perte potentielle ne concerne vraiment que les particuliers ayant massivement souscrit.</p><p align="justify">De leur c&ocirc;t&eacute;, les banques en charge du placement des actions ont tout int&eacute;r&ecirc;t &agrave; un prix d&rsquo;introduction le plus &eacute;lev&eacute; possible : leur r&eacute;mun&eacute;ration est au pourcentage. En 2003, les commissions vers&eacute;es par l&rsquo;Etat au titre des privatisations avaient atteint le chiffre record de 6,1 % des recettes encaiss&eacute;es. &laquo; Cet indicateur d&eacute;pendant de l&rsquo;&eacute;volution globale des march&eacute;s financiers et de l&rsquo;ampleur des cessions op&eacute;r&eacute;es par l&rsquo;Etat &raquo;, souligne Michel Diefenbacher, d&eacute;put&eacute; UMP du Lot-et-Garonne, rapporteur pour les participations financi&egrave;res de l&rsquo;Etat. Pour le placement des actions aupr&egrave;s des investisseurs institutionnels, le taux de commission habituel oscille autour de 2 %. Selon Bloomberg, dans le cas d&rsquo;EDF, il ne serait que de 0,8 %. Pour le placement aupr&egrave;s des particuliers, la commission est de l&rsquo;ordre de 3,5 %. On comprend la mobilisation g&eacute;n&eacute;rale des banques de d&eacute;tail sur l&rsquo;op&eacute;ration EDF. Sans leur z&egrave;le, beaucoup moins de petits actionnaires auraient &eacute;t&eacute; au rendez-vous. L&rsquo;entreprise est certes solide, mais Pierre-Henri Leroy, pr&eacute;sident de Proxinvest, ne cherche pas &agrave; les rassurer : &laquo; Je souhaite que les actionnaires salari&eacute;s soient autonomes, un actionnariat jaune qui vote avec les dirigeants, ce n&rsquo;est pas sain. &raquo; Il risque d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;&ccedil;u. Les actionnaires salari&eacute;s seront repr&eacute;sent&eacute;s &agrave; l&rsquo;assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale d&rsquo;EDF, pr&eacute;vue en f&eacute;vrier, par un FCP qui votera collectivement. La physionomie du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;apr&egrave;s ouverture du capital ne devrait gu&egrave;re changer. Repr&eacute;sentants de l&rsquo;Etat et des salari&eacute;s y faisaient d&eacute;j&agrave; la loi&hellip; Seule innovation attendue, l&rsquo;arriv&eacute;e d&rsquo;un administrateur &eacute;tranger, comme le souhaite Pierre Gadonneix, le PDG.</p><p align="justify">Jean-Michel Lamy</p>]]>
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